Mauvais genre
La grande confusion plaintive visible sur les réseaux sociaux revient à l'impossibilité de véritablement échapper aux déterminismes de genre. Chaque sexe envie naïvement la situation de l'autre.
Sous l’apparence d’une “guerre des sexes”, nous observons sur les réseaux sociaux une étrange tentative d'inverser les attentes de genre. Je ne parlerais donc pas ici de biologie mais d'attentes concernant des rôles sociaux. Cette grille de lecture rendra la comparaison plus éclairante.
Tout le monde semble désormais épuisé de jouer la comédie. Les critiques culturels par tweets interposés ne servent qu’à dénoncer les attentes étouffantes de la société et en particulier de l’autre sexe. Du moins, ce que chacun imagine constituer les attentes de l’autre. Bien souvent, nous nous reposons sur des constructions mentales concernant les motivations des autres au lieu de simplement leur demander ce qu’ils veulent vraiment. Ces modèles ont leur utilité: ils permettent de s’adapter grossièrement à des situations avec de nouvelles personnes plutôt que de repartir systématiquement à zéro à chaque rencontre. Mais manquer de flexibilité sur ces modèles enferme et isole. Ils nous volent notre capacité à entrer en relation.
Chaque sexe en souffre et aimerait que l’autre lui en demande moins. Ou du moins, lui demande autre chose.
Passons en revue ces costumes sociaux:
Ce qui est attendu de l'homme reste une performance. Un homme est valorisé socialement lorsqu'il se rend utile. Son existence même n'est pas suffisante pour lui garantir affection et admiration. La motivation des hommes se paie en quelque sorte avec une monnaie affective. Les bénéfices affectifs qu'ils tirent sont généralement conditionnels et proportionnels à leur pouvoir (l'influence n'est qu'une extension du champ d'action sur le monde par le biais des autres) ou leur utilité.


